| photo L. Sch. |
Il
n’y a rien, pour le moment, qui me menace — sauf que tout me menace. Le
mot ‘menace’ est un mot insaisissable. Un mot menaçant. Je peux tranquillement,
impunément, mettre ce mot, comme tant d’autres mots, sur ma page. Et deux
minutes après, ma cervelle explose ou mon cœur se casse. Et cela aussi, je le
mets tranquillement sur ma page. Je laisse les mots venir. Mystiques, obscènes,
lyriques, banals. Je ne sais jamais quels mots vont venir. Mes mots ne servent
jamais à expliquer. Mais il est toujours possible que par après, examinant les
mots sur la page, j’y décèle comme des explications —
ou au moins des sortes d’indices concernant ce qui se passe dans mon système
émotif & cogitatif. Je ne suis pas penseur ni savant ni poète, je ne suis
qu’un metteur de mots.
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